Illustration : Parodontite chronique ou agressive : ce qu'il faut savoir de la classification

Parodontite chronique ou agressive : ce qu'il faut savoir de la classification

Pendant longtemps, on a classé la parodontite en deux grandes formes : chronique et agressive. Ces termes sont encore très présents dans le langage courant et sur de nombreux sites, mais ils ne correspondent plus à la classification utilisée aujourd’hui par les spécialistes. Faisons le point, sans jargon inutile.

L’ancienne distinction : chronique vs agressive

Dans l’ancienne classification, on distinguait :

  • la parodontite chronique : forme la plus fréquente, à évolution lente à modérée, touchant surtout l’adulte, en lien avec l’accumulation de plaque et de tartre ;
  • la parodontite agressive : forme plus rare et rapide, survenant parfois chez des patients jeunes, avec une destruction osseuse importante malgré une plaque parfois modeste, et une composante génétique marquée.

Cette grille avait ses limites : la frontière entre les deux formes était floue et difficile à appliquer en pratique.

La classification actuelle : stades et grades (depuis 2018)

En 2018, une nouvelle classification internationale a remplacé ces termes. Elle décrit chaque parodontite selon deux axes complémentaires :

  • le stade (I à IV) : il mesure la gravité et l’étendue des dégâts déjà présents (perte d’attache, perte osseuse, perte de dents). Le stade I est débutant, le stade IV très avancé.
  • le grade (A, B ou C) : il estime la vitesse de progression et le risque d’aggravation, en tenant compte de facteurs comme le tabac et le diabète. Le grade A progresse lentement, le grade C rapidement.

Ainsi, ce qu’on appelait « parodontite agressive » correspond aujourd’hui souvent à une parodontite de grade C, à progression rapide. Cette approche est plus précise, car elle décrit à la fois où en est la maladie et à quelle vitesse elle risque d’évoluer.

Pourquoi ce changement vous concerne

Pour un patient, l’essentiel n’est pas le nom, mais ce qu’il implique :

  • une parodontite à progression rapide (ancienne « agressive », grade C) justifie une prise en charge plus précoce et plus intensive, et une surveillance rapprochée ;
  • le tabac et un diabète mal équilibré aggravent le grade : agir sur eux fait réellement partie du traitement. Voir nos articles sur le lien entre parodontite et diabète et plus largement le lien bouche-corps.

Ce qu’il faut retenir

« Chronique » et « agressive » sont des termes anciens, encore utiles pour se comprendre, mais remplacés par une description en stades (gravité) et grades (vitesse). Dans tous les cas, le principe reste le même : plus la maladie est détectée tôt, plus elle est facile à stabiliser. Pour comprendre les bases, commencez par notre article sur la parodontite.

⚕️ Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un chirurgien-dentiste ou d’un parodontologue.

Sources